Vue vers l'ouest du clocher de l'église de la municipalité de Lotbinière (voir l'orginal)
Photo 1189 - SPHSL

Saint-Gilles

Histoire de la municipalité

La municipalité de Saint-Gilles doit son nom au premier seigneur de Beaurivage, Gilles Rageot, dont il obtient la concession en 1738 du gouverneur de Beauharnois.

Les premiers colons suivirent Louis-Étienne Rageot fils du premier seigneur et commencèrent à défricher les terres vers 1772. Parmi ces colons, il y avait Étienne Simoneau, Jérôme Delâges, Pierre Relet, Pierre Gouin, J.-B. Audet dit Lapointe, François Desrosier dit Boucher, Joseph Jalbert, etc.

Dix ans plus tard, en 1782, la seigneurie est vendue à Alexander Fraser, capitaine de la 5e compagnie du 84e régiment (Royal Highland Emigrant). Le nouveau seigneur s’intéresse au sort des vétérans de l’armée auxiliaire allemande qui a combattu dans la Guerre d’indépendance des États-Unis (1775 — 1783). Le Sieur Fraser fit les premières concessions des terres dans Saint-Gilles à Jean Loder, Jean Kasman, Georges Rouche, Georges Ahdenstel, Martin Braunn, Christophe Hessler, Henry Kremer, Philippe Gerhardt, Conrard Bohdenbinder, Wilhelm Hartmann, Adam Robenheimer, Georges Loder, Jacob Tell, Christopher (Conrad) Bayer (Payeur) et Anthony Knapp. L’ouverture du chemin Craig en 1810 amène plusieurs Irlandais à s’établir dans la région. Les ancêtres des Montminy, Hamel, Béland et Demers arrivèrent vers 1812. On retrouve encore plusieurs descendants de ces familles encore existantes à Saint-Gilles.

C’est le curé Michel Dufresne de Saint-Nicolas qui était chargé d’apporter la parole de Dieu à Saint-Gilles et aussi jusqu’à Saint-Sylvestre. Il s’occupa de l’érection de deux chapelles dans ces territoires. Celle de Saint-Gilles fut ouverte au culte en 1827 et l’érection canonique de la paroisse se fit le 17 février 1828. L’érection civile date du 11 juillet 1835.

Vue du village vers 1885

Vue du village vers 1885
Photo 192 - SPHSL

Étienne Chartier fut le 5e curé de Saint-Gilles en 1852 – 1853. C’est un homme qui a toujours été dévoué pour le peuple. Ancien avocat et professeur, il fut le premier directeur du collège de Sainte-Anne de la Pocatière. Le premier Canadien-français à écrire un compendium de grammaire française de 200 pages. Il était un fervent patriote, ami de Papineau et de Chénier et un orateur remarquable. Il s’est éteint en 1853 et son corps repose maintenant sous les dalles du sanctuaire de l’église.

La paroisse de Saint-Gilles doit être la seule paroisse du diocèse qui peut être qualifiée de « ressusciter ». Le curé Bernier après plusieurs années de consultations, d’observation de méditation et de prières en vient à la conclusion que les grandes difficultés proviennent de la pauvreté et du manque de coopération entre les races. Une paroisse composée de protestants, d’Irlandais catholiques et de Canadiens sera toujours impossible à administrer. Le jour de Pâques 1876, le curé Bernier lit au prône les lettres de Mgr. Taschereau annonçant la dissolution de la paroisse. C’est une terrible humiliation, pour les paroissiens, de revenir 40 ans dans le passé, de ne plus avoir de prêtre résidant et de paroisse. Ils ont vu leur paroisse grignotée, démembrée peu à peu en faveur des paroisses-filles : Saint-Agapit, Saint-Patrice et Saint-Narcisse.

Pendant quelques mois, certains paroissiens refusant d’obéir et de se disperser se réunissaient tous les dimanches sous la direction d’un laïque dans leur vieille chapelle dont la lampe du sanctuaire restait éteinte. Ils récitèrent leur chapelet, lurent l’Évangile et la Messe.

Grâce à la générosité de messieurs Narcisse et Jean-Baptiste Dionne qui firent don de 10 000 $, l’évêque mit fin à cette situation en octobre 1876 par la nomination du révérend W. Richardson qui avait déjà été curé dans la paroisse une vingtaine d’années auparavant. Une nouvelle église fut donc bâtie en 1882 et le presbytère en 1914.

Moulin à scie et à farine de M. Alfred Béland vers 1950. Il fut détrui par le feu le 14 août 1953. Aujourd’hui, c'est le lieu de l’entreprise de Fenêtre Élite.

Moulin à scie et à farine de M. Alfred Béland
vers 1950. Il fut détrui par le feu le 14 août 1953.
Aujourd’hui, c'est le lieu de l’entreprise de Fenêtre Élite.
Photo 221 - SPHSL

La municipalité de Saint-Gilles a su conserver au fil des ans ces majestueuses demeures donc quelques-unes servirent, pour prendre un temps de repos, aux voyageurs en diligence parcourant le chemin Craig entre Québec et Boston.

Bibliographie :

Petite histoire… Lotbinière, p. 656 à 659. Madame Alfred Béland, secrétaire du cercle des Fermières.
St-Gilles se raconte 1828-1978, 150 ans d’histoire. Le club des Lions Saint-Gilles. 360 pages. 1978.

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